La personne pensionnaire de la maison de
retraite/ou de soins et l’animal
Deux considérations principales sont à la base de cette discussion :
la volonté, le désir de la personne âgée
la philosophie de l’institution
La difficulté est de trouver un compromis équitable pour les 2 parties.
La volonté de la personne pensionnaire de côtoyer (au sens large) un ou des animaux doit en principe être considérée comme un droit : le désir d’avoir un contact avec un animal qui est exprimé est souvent l’expression du désir d’une relation entre un humain et un animal qui ne peut être remplacée par rien d’autre : c’est souvent l’expression d’un manque ou d’un besoin
individuel, d’ordre affectif, intime, personnel, et chaque personne a le droit d’exprimer ce désir.
Le fait d’avoir ou d’introduire la vie animale dans une institution ne dépend pas de règles - qu’elles soient d’ordre organisationnel ou fonctionnel ou autre - mais de la philosophie de l’institution ; les règles n’en sont que l’application
Ces deux considérations et le compromis qui en découle reposent sur trois piliers :
Tout animal dont il est question doit être considéré dans des conditions respectant les besoins de sa nature. Aucun animal ne doit être soumis à des conditions qui ne respectent pas sa nature, uniquement pour satisfaire un manque chez un être humain
L’instrumentalisation de l’animal ouvre un large éventail de discussions : même si dans la vie de tous les
jours, elle est parfois inévitable - puisque les animaux qui nous entourent sont pour la plupart
domestiques, donc pratiquement aussi « produits » par l’homme - elle doit en tout cas être évitée le plus possible.
Le droit d’une personne à ne pas être mise en contact avec une créature (et avec tout ce qui la
touche) doit être respectée de la même manière que son inverse. Comme il ne nous viendrait pas à l’idée d’obliger une personne à entrer en relation avec une personne qu’elle ne veut pas côtoyer, il ne faut jamais obliger une personne à côtoyer un animal.
Ceci n’empêche cependant pas de considérer le fait que tout être humain
a aussi « droit au changement » et une opinion, même fortement enracinée dans
l’affectif, peut toujours changer.
La question de la présence ou du contact avec les animaux doit être considérée par
l’institution, au même titre que toutes les autres problématiques auxquelles elle doit faire face, et ce sous les différents angles de sa responsabilité (aspect hygiène, médical, vétérinaire, etc…)
Le pensionnaire et l’animal :
quelles possibilités de se côtoyer existe-t-il ?
La relation homme/animal est portée par notre faculté à communiquer, et les animaux ont la même faculté.
La communication est elle-même véhiculée par nos sens : un contact peut s’établir :
Par la parole ; ou expression verbale, vocalisation
Par le regard ; voir ou être vu, observer
Par le toucher ; simple contact, ou caresse
Par l’odorat ; chacun a son « parfum »
Et para l’ouïe ; écouter, entendre
Permettre à une personne d’assouvir son besoin de contact à l’animal ne signifie donc pas obligatoirement avoir des animaux en institution : beaucoup d’autres possibilités existent.
Partant des facultés à communiquer que l’on utilise et des ressources du milieu dans lequel on se
trouve, beaucoup d’alternatives sont possibles, surtout si on ouvre son esprit en élargissement ainsi son milieu.
Le deuxième pas étant ensuite de monter un projet, bien planifié et structuré afin que soient garantis :
le sens premier du projet
son intégration dans l’institution
sa continuité
Voici quelques exemples, que l’on pourrait considérer être le fruit d’un « brain-storming »:
Quels animaux se trouvent dans notre environnement au sens large ?
Quelles ressources nous ouvre la localité de Bettembourg et de ses environs ?
Des animaux en liberté : les oiseaux p.ex. Quelles associations ou institutions pourraient devenir partenaires de la maison de retraite pour un projet de construction, d’installation de
nichoirs, de mangeoires ou autres…pour les oiseaux ? Une école peut-être ? D’autres associations ?
Observer les oiseaux en hiver peut procurer beaucoup de joie
(il faut aménager des « postes d’observation »)
Souvent, notre tâche principale sera de garantir les conditions qui puissent permettre la relation ou la rencontre
homme/animal : la commenter, lui donner un sens authentique, c’est lui donner VIE.
des animaux domestiques en dehors de la maison de retraite. Y
a-t-il un club canin dans les environs ? ou un éleveur de chats ou de chiens ? A
Echternach, un club canin en charge de chiots montre périodiquement des films des activités avec les chiots aux personnes âgées.
Les visites de chiots, bien organisées, sont profitables pour les
pensionnaires (ceux qui ne veulent pas peuvent éviter de venir
voir), pour les chiots (contribue à leur socialisation), au club
(service à une institution, forme de bénévolat) et à l’institution
(activité spectaculaire avec peu de désagrément pour elle-même)
Y a-t-il dans les alentours une possibilité de « visite »
d’animaux, qui soit cependant aussi interactive (possibilité de donner du foin à des
vaches, d’aider à nourrir les poules…). Ou bien y aurait-il une possibilité de faire venir quelques animaux
(p.ex. des lapins : le tout est de les laisser évoluer dans un espace adapté à leurs besoins et relativement étendu)
La combinaison « personne âgée + enfant + animal » peut se montrer très riche
(p.ex. journée ouverte pour des enfants avec leur animal ?)
Quelles ressources humaines l’institution a-t-elle qui pourraient donner un coup de main ?
La famille des pensionnaires (encourager les visites avec un animal ? organiser des promenades avec des familles ayant des chiens ?
Faire appel des bénévoles en vue de visites régulières ou même activités assistées par l’animal ?
Certains pensionnaires pourraient-ils garder pour une courte période de temps l’animal de quelqu’un de la commune ?
(vacances ou hospitalisation ; service « pension »)
Le fait que chaque personne puisse avoir son animal devrait être considéré en
avant-dernier lieu, car cette situation est la plus complexe à gérer. La personne âgée évolue et l’institution doit garantir la flexibilité adaptée à cette évolution.
La dernière alternative étant un animal institutionnel : situation également complexe car dépendant souvent des priorités de l’institution et allant au détriment de l’animal
Une solution est souvent un animal appartenant à un
collaborateur, mais cette solution amène aussi d’autres problèmes à résoudre.
Les 3 dernières alternatives demandent chacune un dossier, un travail individuel complet et sont complexes à mettre en œuvre